​Les créations que je sculpte, assemble, moule, forme sont le récit d' historiettes.

L'intensité de leur vécu s'offre à mon regard et je les choisis, non pour décrypter leur

contenu historique mais pour subjectiver leur charge affective.

Je vois les cicatrices de leurs souffrances, les marques, les empreintes du labeur

de l'homme, ses amours, la patine de sagesse qu'offre le recul, toutes

ces traces inconnues, mystères désirables.

J'agence ces histoires, la mienne s'y mêle, un dialogue s'opère, je deviens chorégraphe

d'un spectacle intérieur qui se fixe en la matière.

De mes réalisations, ce désir de refaire vivre l'instant féérique en jouant,

réécrivant, leur histoire étant mienne.

« Ce que je coupe, enlève, assemble, coule, moule, œuvre quand je sculpte, ce sont mes peurs. Je vais vers moi, ma faiblesse, que j’ai tant protégée de sourires entendus, de mots sans importance, et de couches

de ceci, de cela pour que rien de moi ne transpire au dehors »

« Quand j’ai terminé une sculpture, il y a toujours un grand vide en moi. Une grande joie aussi. De voir ce que j’ai fait, de découvrir doucement  l’émotion qui s’est posée là. Mes questions et les difficultés

que j’ai affrontées s’effacent. Je vois une forme double de moi, qui me complète. »

« Si je ne parle pas de ce monde qui vit en moi, qui m’habite, qui serais-je ? Personne ne saura qui j’étais. Je n’aurai parlé avec personne. Et pourtant peut-être qu’il y en a d’autres qui pensent des

choses comme moi, qui vivent avec un monde en eux. Et si eux aussi n’osent pas

en parler, n’osent pas prendre ce chemin, que reste-t-il alors ? »